samedi 24 mai 2008
C'est officiel, la sélection de l'Eurovision a été truquée
samedi 17 mai 2008
Sociopathe
J'ai envie de me défouler. Faire un post de blog bien gras du genre : salut, hier j'ai croisé un connard première classe duquel j'aurais bien défoncé la gueule façon pistolet à air comprimé Anton Chigurh. Ouais : «would you hold still, please sir ? », et hop sur le chakra du troisième œil. Sans autre forme de procès, non, parce que des fois ça suffit. Et voir un nain engoncé dans un t-shirt éructer en levant les bras, c'est déjà assez pénible pour en plus lui demander quelle sera sa ligne de défense. Il pourrait rougir un peu plus et transpirer du dessus des lèvres, et souffler aussi son haleine sèche de type qui parle trop sans s'humecter la langue. Non. Point barre. Ça m'arrive en effet de perdre mon sang-froid, d'avoir la cervelle tronçonnée par trop d'humains superflus que l'alternative est simple : c'est lui, ou moi au bout d'une corde. Et évidemment, vu que je suis mieux placée que n'importe qui pour juger de la valeur de ma vie, le calcul est vite fait. Mais au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, outre que c'est assez difficile de se trimballer avec des outils de western dans un sac à main de taille, disons raisonnable, c'est aussi assez difficile de régler leur sort à tous ces gens en trop. « En trop », ouais, j'ose carrément le mot, mec, je suis sur mon blog tiens grande nouvelle, et je t'emmerde aussi si tu t'offusques, tu pourras toujours me laisser un petit commentaire qui fera grimper mon niveau de testostérone. Have fun.
Nous sommes dans des sociétés pacifiées les petits, on peut très bien se promener en treillis et jouer à la guerre sur sa Xbox, on vit les frigos pleins et l'idée lointaine de crever d'un cancer à soixante ans, pour les plus malchanceux. Pour les débiles mentaux, il y a toujours le retour de boîte le samedi soir. Et vous me direz certainement qu'il n'y a pas plus eugéniste qu'une rangée de platanes, et vous aurez raison. Nadine Morano, là, à ce moment précis, elle me dirait : fillette, vous perdez le sens de la mesure et confondez réel et virtuel, c'est très grave, vous avez besoin d'aide. Laissez-moi vous aider. Nadine, comme l'autre, je t'emmerde. S'il te plaît, laisse moi un commentaire aussi ça augmentera mon pagerank. Take two – parce que mettre des trucs en anglais, ça distancie en même temps que ça défoule au carré, carrément rentable comme concept.
Donc le nain éructeur, ça ne lui plaît pas que Darina al Joundi déverse sa vie sur scène, il dit qu'elle en fait trop, même de loin ses petits bras qui se lèvent, et le cercle des commentateurs qui rient me donnent bien plus la nausée et le vertige que la nicotine, le ventre à jeun et le récit d'une liberté payée à coup de barbelés dans le dos. Il ose le mot « misérabilisme », il a dû le voir dans un journal gratuit, ou, cessons d'être hautaine et méprisante, dans un livre relié avec de la vraie encre sur des pages qui se tournent sans faire semblant. Le nain est lettré « il a passé trois au Liban il a même travaillé pour Madame... » (suit un nom bien arabe qui fait authentique, comme les pignons dans le thé à la menthe) et il ne fait que donner son avis, il a le droit quand même, de même qu'à peine le dernier applaudissement étouffé il a le droit de lancer de son souffle sec et porteur « je me suis trop fait chier », d'un ton bien trop peu intime pour s'adresser uniquement à la personne vers laquelle il se destinait. (Reminder : lancer une étude sur la corrélation entre la petite taille et les décibels vocaux, mais vu que je suis naine et que j'articule aussi peu que ma voix porte, penser aussi à m'exclure de l'étude ainsi lancée). Nan mais, oh, merde, on est en démocratie !
Je ne sais pas si ma colère passera. Ce dont je suis sûre (à peu près, disons), c'est qu'une femme sera encore pour longtemps jugée impudique, misérabiliste, hystérique, sans recul à en faire trop, et autres attributs des choses à laisser à leur place qui ont malgré tout parfois l'impudence de sauter les clous, tant qu'elle voudra dire la vérité, le réel, les hommes qui frappent, les familles qui enferment pour le bien de la société, les religions qui brisent les genoux, les punitions qu'on mérite. Une femme qui danse en montrant ses seins est un danger public, tiens la, la salope, elle qui a manqué tous ses devoirs, à commencer par décrire toute la complexité politique d'un pays que je connais bien pour y avoir travaillé trois ans – au service de Madame l'Arabe.
Les mains de Darina frappant le sol « ils défoncent la porte papa » résonneront encore, que l'image du nain et l'odeur de sa carence de salive auront depuis longtemps quitté ces quelques neurones réfractaires à la loi de ma mémoire huileuse.
vendredi 16 mai 2008
Dilemme de la connerie
Les gens cons sont impolis dans leur connerie. Les gens polis le sont trop souvent avec des cons. On lance l'offensive ?
(mais « on » est un con)
Misérabilisme

Oh Sinnerman where you gonna run to
Sinnerman where you gonna run to
Where you gonna run to
All on that day
Well I run to the rock
Please hide me I run to the rock
Please hide me I run to the rock
Please hide me lord
All on that day
Well the rock cried out
I can't hide you the rock cried out
I can't hide you the rock cried out
I ain't gonna hide you god
All on that day
I said rock what's the matter with you rock
Don't you see I need you rock
Don't let down
All on that day
So I run to the river
It was bleedin I run to the sea
It was bleedin I run to the sea
It was bleedin all on that day
So I run to the river it was boilin
I run to the sea it was boilin
I run to the sea it was boilin
All on that day
So I run to the lord
Please help me lord
Dont you see me prayin
Dont you see me down here prayin
But the lord said
Go to the devil
The lord said
Go to the devil
He said go to the devil
All on that day
So I ran to the devil
He was waitin
I ran to the devil he was waitin
I ran to the devil he was waitin
All on that day
vendredi 9 mai 2008
C'est sans danger !
Pat Califia n'est pas de ce genre d'individus qui ont du bol. Femme et lesbienne chez des mormons, dominatrice et féministe dans un milieu traquant l'hétéronormativité (quand ce n'est pas l'hétérofascisme), Patricia devenant Patrick, père d'un fils dont le « petit-ami est la mère »... les amoureux des cases remplies et des repères placés risqueront de se demander si, par hasard, la bête ne le ferait pas exprès. Évidemment, à entendre ce genre d'histoires, c'est au monstre que l'inconscient bien en lui-même pense, le plus spontanément et le plus naturellement du monde. Au freak, la chose repoussante et cathartique qui excite les enfants et les mères de famille, évitant par là de trop se faire de souci au sujet de leurs propres cages. La tare aussi, l'exception à la règle dont l'existence tout entière justifie celle de la ligne.
« Je préfèrerais vivre dans un monde où chaque homme pourrait être ou avoir été une femme », lit-on en gros sur la couverture de Sexe et Utopie, paru récemment à La Musardine. J'entends quelqu'un qui se moque : ah ah, oui ! et bien-sûr ! pourquoi pas les poules qui ont des dents et les vaches avalant des trains tant qu'on y est ? Tant qu'on y est, justement : on y est. Pat Califia en est la preuve vivante, survivante d'ailleurs, comme tous ces êtres qui nous lancent en pleine gueule les coups qu'ils ont pris, sans s'en vanter, sans s'en poser en victime expiatoire ou en porte-étendard. Juste des individus extrêmement vivants d'avoir, avec tant d'opiniâtreté, échappé à la mort. Pat Califia frappe, Pat Califia est drôle, forte, terriblement juste en quelques morts lacérés. Sur la monogamie prescrite et acceptable, par exemple en milieu lesbien où des hyper-femmes voient dans la « norme » une « succession de relations monogamiques » :
« J'ai des amies qui sont incapables d'avoir une relation sexuelle sans se dire qu'elles sont follement amoureuses de la femme avec laquelle elles sont au lit. J'enrage devant tant d'hypocrisie. Je ne vois pas pourquoi je devrais promettre un amour éternel alors que tout ce que je veux c'est un peu d'exercice sous la couette. C'est du chantage. Pas étonnant que les hommes hétérosexuels soient si en colère contre les femmes qui pensent qu'une érection est un manche qu'on attrape pour conduire l'homme jusqu'à l'autel. Je préférerais payer cash pour du sexe plutôt que d'être réveillée par le coup de fil désespéré d'une femme qui veut que je l'épouse seulement parce que j'ai passé quelques heures à me demander comment la faire jouir. Et elle a le culot de m'accuser, moi, de l'avoir utilisé, elle ! »
Dans aucune case donc, traître(sse) à toutes les causes, Pat Califia a en plus l'impertinence d'être outrageusement positif dans ses propos et dans son style démontant point par point la généalogie d'un apprentissage qui fait « craindre le sexe, (...) le repousser sauf sous la contrainte ou en échange d'amour et de sécurité », raillant le « mouvement des femmes (...) devenu une force moraliste qui pousse les minorités sexuelles à la haine de soi et à la tristesse » ou ces « utopies théoriques (...) rêvées par des gens qui ont peur de la diversité et qui sont profondément conservateurs en ce qui concerne les choses du sexe », montrant que « les femmes sexuellement actives ont toujours été une menace que le système n'accepte pas » et refusant « d'entendre d'autres histoires tragiques de femmes qui ont réprimé leur sexualité parce qu'elles pensent qu'il est politiquement inacceptable d'avoir été ardemment excité par la vulnérabilité ou le contrôle sexuel ».
Pat Califia en emmerdera certainement beaucoup, d'autres lèveront les yeux et poufferont de tant de débilité post-68arde. Qu'ils passent leur chemin et continuent de s'occuper des tisons des rôles à ne pas défaire. Que ceux qui l'aiment, par contre, la suivent et s'empressent de lire Sexe et Utopie.



